Je t’aime effondrement

Je t'aime effondrement, après la représentation
Adaptator s'adapte à tout, le superhéros de l'adaptation... mais jusqu'où ?
Adaptator s'adapte à tout

Solo coopératif (à peu près) écrit • joué • chanté • dansé • semi-improvisé par Julien Daillère, avec les personnes présentes. Contenus en ligne par Benjamin Trouche.
Durée : 60 min

Le cadre, c’est la tendresse.
Le sujet, c’est l’effondrement*.
L’objectif, c’est de réussir à faire de ça un spectacle, entre stand-up comédie, cabaret et rituel chamanique, avec la coopération d’un public masqué. C’est casse-gueule mais c’est dans le thème, alors ça va.

Cliquez ici pour télécharger le dossier de présentation

Le paraphandre, un parapluie-scaphandre
La paraphandre

Ven 11 sept 2020 à 21:00 (jauge limitée à 40 pers.)
Ven 23 oct 2020 à 21:00
(jauge limitée à 25 pers.)
2020/2021 : nouvelles dates à venir à La Goguette ! (jauge limitée à : ??? pers.)

La Goguette, 61 av de l’union soviétique, 63000 Clermont-Ferrand
Arrivée conseillée 15 mn avant et possibilité de manger et boire sur place avant.
Inscriptions par mail à traverscene@gmail.com, en précisant nom, prénom, numéro de téléphone, nombre de places et jour de représentation ou par téléphone au 06 69 18 75 27.

Tarif plein 10 euros
Tarif réduit 5 euros (sur demande)

Production : La TraverScène. Partenaires : Merci au Festival « Sans Transition? » et à l’association Un pas de côté (St Lézin, 49) pour leur accueil en laboratoire. Merci à Zaoum (Clermont-Ferrand, 63) pour une résidence de création. Merci à la Fabrica de Pensule pour la mise en lien avec des groupes scolaires en Roumanie. Merci à La Goguette, tiers-lieu à Clermont-Ferrand, 63) qui a accueilli la création du spectacle. Merci à Anis Gras, le lieu de l’autre (Arcueil, 94) qui avait prévu d’accueillir une résidence de travail pendant le confinement du printemps 2020, en lien avec des groupes scolaires à proximité.

action poétique * tendresse * coopération * nouveaux imaginaires * horizontalité

Le gonflonaute, un dispositif covid-compatible pour artistes de scène
Le gonflonaute : avec l'aide du public pour activer le gonfleur pendant cette séquence du spectacle.

Aborder le thème de l’effondrement avec tendresse
Depuis la création de Cambodge, Se souvenir des images en 2018, Julien Daillère a choisi la tendresse comme cadre de travail pour guider ses choix artistiques dans la construction des spectacles qu’il propose au public. Par là, il recherche une forme de fluidité dans le passage permanent d’une émotion à une autre au fil de la représentation, des émotions qui émergent sans violence et dont la nature est plurielle, mêlée. C’est une piste qu’il continue de suivre et dans laquelle s’inscrit son choix d’aborder le sujet de l’effondrement.
Comment attendrir la réception d’une telle thématique, qui peut faire surgir des émotions extrêmes et des angoisses de fin du monde, afin d’échapper à la sidération ou à la dépression ? C’est une problématique majeure dans la vie adolescente aujourd’hui. C’est le défi qui est au cœur de ce spectacle au sein duquel se répondent humour et tendresse. C’est aussi la raison pour laquelle il veut proposer aux spectateurs de prendre part au déroulement de la représentation de manière résolument active.

Accueillir la créativité des spectateurs en action
Confrontés aux annonces alarmantes quant à notre avenir commun, nous sommes facilement submergés par des émotions qui, entre sidération, fascination et sentiment d’impuissance, sont violemment paralysantes. C’est pourquoi Julien Daillère souhaite accompagner les spectateurs dans la mobilisation de leurs capacités créatives afin qu’ils puissent vivre la représentation en action. Dans la continuité du spectacle C’est bon. E ok. Rendben. This is just a story, il leur confie la réalisation d’effets scéniques, principalement au niveau sonore. Et pour que cette coopération soit clairement nécessaire, le spectacle prend la forme d’un solo coopératif pour des lieux non théâtraux, sans équipement matériel (des gymnases, des salles de conférence, des tiers-lieux, etc.). En lien avec la situation sanitaire, les interactions ont été adaptées, recentrées sur des percussions et des interactions via téléphone portable.

Extraits audio de la démarche en cours :
Lors du festival « Sans Transition ? » de St Lézin, après 4 jours de laboratoire aux côtés d’une trentaine d’artistes invités travaillant aussi sur la thématique de l’effondrement. Voilà deux extraits audio de cette présentation de travail en cours.

1er extrait : avant de passer le relais aux spectateurs, il s’agit de lancer des pistes, de construire peu à peu l’atmosphère la plus propice à leur participation. Cette présentation de la démarche sur la sonorité animale du langage humain, et sur la proposition d’un nouveau sens au vocable « effondre », fait désormais partie du spectacle.

2ème extrait : il est tiré d’une série d’expérimentations avec le public présent. Quels effets scéniques peut-on envisager au niveau sonore? Le spectacle se construit dans un aller-retour permanent entre les effets scéniques testés et réussis, disponibles pour la dramaturgie, et les effets scéniques souhaités au fil de l’avancée en écriture (sont-ils possibles?). En raison de la situation sanitaire, il n’est malheureusement plus question de claquer la langue et de faire le bruit des vagues, le spectacle s’est adapté.

Le solo comme point de départ de l’action collective et créative
La forme du solo peut constituer un tremplin idéal pour favoriser l’implication du public dans la réalisation collective d’un spectacle. Sa participation concrète passe par l’investissement des places laissées vacantes par l’absence de partenaires de scène ou de matériel technique. Cette insuffisance de la scène encourage et légitime la coréalisation – voire cocréation en direct – de la lumière, du son, de la musique, du jeu, etc., notamment grâce à ce que les gens ont habituellement sur eux (un téléphone, des clés, etc.). C’est la raison pour laquelle je parle de « solo coopératif ». C’est l’atmosphère bienveillante, d’une naïveté parfois clownesque, qui encourage la participation des spectateurs et des spectatrices, tout en leur laissant la marge de manœuvre nécessaire à l’expression de leur créativité.

Travailler avec des adolescents
Sur le fond, grâce à la Fabrica de Pensule, Julien Daillère a pu échanger avec des groupes de lycéens francophones de Cluj Napoca (Roumanie) via WhatsApp quant à la manière dont ils et elles imaginaient l’avenir de la planète, les actions à entreprendre, les gestes du quotidien, l’état des lieux, les espoirs encore possibles. Leurs retours étaient similaires aux échanges qu’il avait pu avoir avec des adolescents français : les réseaux sociaux mettent tous en avant, en Roumanie comme en France, les mêmes actions phares, les mêmes révoltes, les mêmes espoirs.
Sur la forme, il a travaillé avec les collégiens de Pont-du-Château (63) pour créer des ambiances sonores en groupe en prenant garde de limiter les expulsions d’air (percussions, sons nasalisés, écoute simultanée sur plusieurs smartphones d’un même son d’ambiance ou d’une alarme). Ces effets travaillés avec les adolescents ont ensuite été intégrés au spectacle.

Plateau à La Goguette de Clermont-Ferrand, 2020
Plateau à La Goguette de Clermont-Ferrand, 2020

Où accueillir le spectacle ?
Au-delà d’une salle de vie dans un tiers-lieu, comme à La Goguette où le spectacle a été créé en septembre 2020 à Clermont-Ferrand, un gymnase ou une grande salle de classe sont d’autres endroits possibles. Le gymnase, particulièrement, résonne acoustiquement et, aussi, symboliquement, avec la démarche que je mets en œuvre. C’est généralement l’endroit où sont rassemblés des habitants après une catastrophe. C’est également le lieu d’un effort collectif, sportif, qui accompagne ma volonté de mettre le public en action pendant qu’est évoqué l’effondrement. Pour ce spectacle, je ne travaille pas sur l’éclairage au smartphone (j’utilise la lumière naturelle ou simplement l’éclairage habituelle du bâtiment), les effets scéniques réalisés avec le public sont principalement sonores (percussions, téléphones portables… de manière à respecter le contexte sanitaire). À défaut de gymnase, où accueilleriez-vous les habitants de votre commune en cas de catastrophe ? Un tiers-lieu, un préau d’école, une salle des fêtes (si peu équipée), un bâtiment désaffecté, etc. peuvent aussi offrir des conditions adéquates (à étudier ensemble).

Théâtre et coronavirus
Parce que le thème du spectacle s’y prêtait, Julien Daillère a décidé d’expérimenter à cette occasion différents dispositifs covid-compatibles, sérieux ou absurdes, pour jouer devant un public : aspirateur à particules respiratoires, scaphandre, techniques d’orthophonie, colonne-parapluie, larynx artificiel… Ces dispositifs sont construits autour de la maîtrise des circulations d’air, de l’intérieur et de l’extérieur. C’est de là qu’est née l’idée de travailler sur les rituels liés à l’air pour Love is in the air, un prochain spectacle (résidence à Anis Gras, le lieu de l’autre en janvier 2021).

« C’est très simple ! »
Retrouvez une présentation de ces dispositifs sur la chaîne Youtube « C’est très simple », avec notamment un tuto pour le gonflonaute : cliquez ici !

Chaîne Youtube "Cest très simple" #cesttressimple

Contact :
Julien Daillère / +33 6 69 18 75 27 / j.daillere@gmail.com

(*) : La notion d’effondrement, qu’elle soit plébiscitée ou controversée, fait partie des termes fréquemment employés dans les médias pour évoquer la fin (souvent considérée par les auteurs comme progressive et déjà entamée) de notre modèle de civilisation thermo-industrielle. Parmi les personnalités qui ont contribué à sensibiliser l’opinion publique et les médias en parlant d’effondrement, citons notamment les scientifiques Dennis Meadows, Joseph Tainter et Jared Diamond ou encore les auteurs du livre Comment tout peut s’effondrer paru en 2015, Pablo Servigne et Raphaël Stevens.