Je t’aime effondrement

Solo coopératif (à peu près) écrit • joué • chanté • dansé • semi-improvisé par Julien Daillère, avec les personnes présentes.
Durée : 60 min

Représentations à venir :

Ven 11 sept 2020 à 21:00 (jauge limitée à 40 pers.)
Ven 23 oct 2020 à 21:00
(jauge limitée à 25 pers.)
2020/2021 : nouvelles dates à venir à La Goguette ! (jauge limitée à : ??? pers.)

La Goguette
61 av de l’union soviétique, 63000 Clermont-Ferrand

Arrivée conseillée 15 mn avant et possibilité de manger et boire sur place avant.

Inscriptions par mail à traverscene@gmail.com, en précisant nom, prénom, numéro de téléphone, nombre de places et jour de représentation ou par téléphone au 06 69 18 75 27.

Tarif plein 10 euros
Tarif réduit 5 euros (sur demande)

Le cadre, c’est la tendresse.
Le sujet, c’est l’effondrement*.
L’objectif, c’est de réussir à faire de ça un spectacle, entre stand-up et chamanisme, avec la coopération d’un public masqué. C’est casse-gueule mais c’est dans le thème, alors ça va.

Production : La TraverScène. Partenaires : Festival « Sans Transition? » et l’association Un pas de côté (St Lézin, 49), Zaoum (Clermont-Ferrand, 63). Merci à Anis Gras, le lieu de l’autre à Arcueil (94) qui avait prévu d’accueillir une résidence de travail pendant le confinement.

action poétique * tendresse * coopération * nouveaux imaginaires * horizontalité

Aborder le thème de l’effondrement avec tendresse
Depuis la création de Cambodge, Se souvenir des images en 2018, j’ai choisi la tendresse comme cadre de travail pour guider mes choix artistiques dans la construction des spectacles que je propose au public. Par là, je recherche une forme de fluidité dans le passage permanent d’une émotion à une autre au fil de la représentation, des émotions qui émergent sans violence et dont la nature est plurielle, mêlée. C’est une piste que je continue de suivre et dans laquelle s’inscrit mon choix d’aborder aujourd’hui la thématique de l’effondrement. Comment attendrir la réception d’un sujet qui peut faire surgir des émotions extrêmes et des angoisses de fin du monde ? C’est le défi qui est au cœur de ce spectacle au sein duquel se répondront humour et tendresse. C’est aussi la raison pour laquelle je veux proposer aux spectateurs de prendre part au déroulement de la représentation de manière résolument active.

Accueillir la créativité des spectateurs en action
Confrontés aux annonces alarmantes quant à notre avenir commun, nous sommes facilement submergés par des émotions qui, entre sidération, fascination et sentiment d’impuissance, sont violemment paralysantes. C’est pourquoi je souhaite accompagner les spectateurs dans la mobilisation de leurs capacités créatives afin qu’ils puissent vivre la représentation en action. Dans la continuité du spectacle C’est bon. E ok. Rendben. This is just a story, je vais donc leur confier la réalisation d’effets scéniques, principalement au niveau sonore. Et pour que cette coopération soit clairement nécessaire, le spectacle aura la forme d’un solo coopératif pour des lieux non théâtraux, sans équipement matériel (idéalement des tiers-lieux eou des gymnases) – en lien avec la situation sanitaire, j’ai adapté les interactions en me recentrant sur des percussions et des interactions via téléphone portable.

Extraits audio de la démarche en cours :
Lors du festival « Sans Transition ? » de St Lézin, après 4 jours de laboratoire aux côtés d’une trentaine d’artistes invités travaillant aussi sur la thématique de l’effondrement, j’ai pu présenter ma démarche. Voilà deux extraits audio de cette présentation.

1er extrait : avant de passer le relais aux spectateurs, il s’agit de lancer des pistes, de construire peu à peu l’atmosphère la plus propice à leur participation. Cette présentation de ma démarche sur la sonorité animale du langage humain et sur la proposition d’un nouveau sens au vocable « effondre » fait désormais partie du spectacle.

2ème extrait : il est tiré d’une série d’expérimentations avec le public présent. Quels effets scéniques puis-je envisager au niveau sonore? Le spectacle se construit dans un aller-retour permanent entre les effets scéniques testés et réussis, disponibles pour la dramaturgie, et les effets scéniques souhaités au fil de l’avancée en écriture (sont-ils possibles?). – en raison de la situation sanitaire, il n’est malheureusement plus question de claquer la langue et de faire le bruit des vagues, le spectacle s’est adapté.

Le solo comme point de départ de l’action collective et créative
La forme du solo peut constituer un tremplin idéal pour favoriser l’implication du public dans la réalisation collective d’un spectacle. Sa participation concrète passe par l’investissement des places laissées vacantes par l’absence de partenaires de scène ou de matériel technique. Cette insuffisance de la scène encourage et légitime la coréalisation – voire cocréation en direct – de la lumière, du son, de la musique, du jeu, etc., notamment grâce à ce que les gens ont habituellement sur eux (un téléphone, des clés, etc.). C’est la raison pour laquelle je parle de « solo coopératif ». C’est l’atmosphère bienveillante, d’une naïveté parfois clownesque, qui encourage la participation des spectateurs et des spectatrices, tout en leur laissant la marge de manœuvre nécessaire à l’expression de leur créativité.

Où accueillir le spectacle ?
Au-delà d’une salle nue dans un tiers-lieu, comme à La Goguette, un gymnase est un autre endroit possible parce que l’acoustique génère un écho qui est bienvenu pour le spectacle. Le gymnase est résonne acoustiquement et, aussi, symboliquement, avec la démarche que je mets en œuvre. C’est généralement l’endroit où sont rassemblés des habitants après une catastrophe. C’est également le lieu d’un effort collectif, sportif, qui accompagne ma volonté de mettre le public en action pendant qu’est évoqué l’effondrement. Pour ce spectacle, je ne travaille pas sur l’éclairage au smartphone (j’utilise la lumière naturelle ou simplement l’éclairage habituelle du bâtiment), les effets scéniques réalisés avec le public sont principalement sonores (percussions, téléphones portables… de manière à respecter le contexte sanitaire).
À défaut de gymnase, où accueilleriez-vous les habitants de votre commune en cas de catastrophe ? Un tiers-lieu, un préau d’école, une salle des fêtes (si peu équipée), un bâtiment désaffecté, etc. peuvent aussi offrir des conditions adéquates (à étudier ensemble).

Théâtre et coronavirus
Parce que le thème du spectacle s’y prêtait, j’ai décidé d’expérimenter à cette occasion différents dispositifs covid-compatibles, sérieux ou absurdes, pour jouer devant un public : aspirateur à particules respiratoires, scaphandre, techniques d’orthophonie, colonne-parapluie, larynx artificiel… Ces dispositifs sont construits autour de la maîtrise des circulations d’air, de l’intérieur et de l’extérieur. C’est de là qu’est née l’idée de travailler sur les rituels liés à l’air pour un prochain spectacle (résidence à Anis Gras, le lieu de l’autre en janvier 2021).

« C’est très simple ! »
Retrouvez une présentation de ces dispositifs sur la chaîne Youtube « C’est très simple » : cliquez ici !

Chaîne Youtube "Cest très simple" #cesttressimple

Contact :
Julien Daillère / +33 6 69 18 75 27 / j.daillere@gmail.com

(*) : La notion d’effondrement, qu’elle soit plébiscitée ou controversée, fait partie des termes fréquemment employés dans les médias pour évoquer la fin (souvent considérée par les auteurs comme progressive et déjà entamée) de notre modèle de civilisation thermo-industrielle. Parmi les personnalités qui ont contribué à sensibiliser l’opinion publique et les médias en parlant d’effondrement, citons notamment les scientifiques Dennis Meadows, Joseph Tainter et Jared Diamond ou encore les auteurs du livre Comment tout peut s’effondrer paru en 2015, Pablo Servigne et Raphaël Stevens.