L'appel du 29 décembre 2009 !
| Courriel
envoyé le
29 décembre 2009. Cliquez sur les deux liens dans le texte pour téléchargez les documents envoyés en pièces jointes. Ou alors sur ceux-ci : le dossier de la pièce et le mystérieux 2ème document. En ces quelques jours d'entre-fêtes, les bureaux sont déserts. Les mails arrivent sporadiquement sur votre boite. Le téléphone ne sonne plus guère. Même l'imprimante s'ennuie! C'est alors que vous recevez un courriel (celui-ci). En pleine Normandie, au même moment, un autre solitaire travaille à son bureau : vous n'êtes plus seuls! Ah! Quel réconfort! Quelle joie! Quel doux partage d'une condition humaine ô combien misérable parfois! Il vous envoie un dossier de 42 pages, dont les 5 premières comptent quelques couleurs. Et là, forcément, vous pensez à elle! Seule dans ce petit réduit ou rangée dans un coin du bureau. Pire, sous un meuble. Elle est seule, délaissée, abandonnée, ô machine innocente, ô sort combien cruel! Et si vous lui donniez quelques menues réjouissances imprimables? Ne serait-ce qu'un lot, un exemplaire? Mais déjà la sainte machine vous murmure à l'oreille le nom d'une soeur de désarroi : cette chère photocopieuse qui se contenterait bien de quelques pages en noir et blanc (les pages 6 à 42 par exemple). Votre solitude s'efface peu à peu, à mesure que votre empathie grandit pour ces deux collègues ô combien fidèles et loyales, joyaux trop rares en notre temps. Et là, vous cliquez, vous téléchargez ce fichier, vous l'imprimez puis le photocopiez, vous exaltez, vous participez d'une vigueur nouvelle à la création d'un tout, au sentiment si grisant d'aider votre prochain dans un élan généreux. Les deux machines ne vous disent pas merci? Alors écoutez leur doux ronronnement, entendez-le comme le plus beau des remerciements.* Et dans le bercement de cette musique qui célèbre votre souci du prochain, lisez donc quelques-unes de ces pages. D'abord par curiosité et peut-être, ensuite, l'envie vous prendra de continuer la lecture. Puis vous sursautez! Comment? Qu'avez-vous fait? Et si quelqu'un venait à passer? Si quelqu'un découvrait sans comprendre votre élan de compassion pour ces deux machines esseulées? Et si quelqu'un vous reprochait (ô l'infâme) d'imprimer une pièce de théâtre sur une machine du service! Vite, débarrassez-vous de ces preuves trop claires de votre profonde humanité! Le monde n'est pas encore prêt, conservez mais camouflez votre avance sur notre temps. Cachez ces pages dans une enveloppe et griffonnez rapidement les quelques mots : "Julien Daillère - 8 rue Jules Soret - 27200 Vernon" avant de déposer le tout au service courrier. Alors seulement, vous soufflez et goûtez tout le plaisir qui vous est dû. Si par mégarde un collègue malveillant ou un grand chef perfide venait à voir et dénoncer votre acte courageux, il vous reste encore une chance : c'est le deuxième document de ce courriel! Il dépeint avec clarté et concision tout l'intérêt du mécénat pour une entreprise comme la vôtre. Brandissez ce document devant l'accusateur et dites-lui le précieux privilège qu'il a de compter parmi ses troupes quelqu'un comme vous. Oui, vous! Vous qui lui offrez l'opportunité d'associer cette entreprise à l'aventure humaine que constitue la création d'une pièce de théâtre. Parlez-lui de de la fierté d'un mécène, de la reconnaissance d'une générosité affichée. Racontez-lui le soir de la première quand il viendra, à vos côtés, dans un beau théâtre, accompagné de collègues ou de clients, pour goûter l'aboutissement d'un projet auquel il a pris part. Précisez-lui les avantages fiscaux inouïs dont il pourra bénéficier. Et regardez-le perdre pied, les yeux déjà plein de larmes, réalisant l'injustice qu'il vous a faite. Et là, laissez-le vous prendre dans ses bras puis, après l'avoir longuement laissé parler, pardonnez-lui. Donnez-lui ce document pour lui permettre de me contacter. J'en profiterai pour lui dire à nouveau tout le bien que je pense de votre courage! NB : Si aucun chef ou collègue ne venait à passer, vous pouvez aussi, spontanément et de manière pro-active, communiquer ce document au service concerné (mécénat, communication, relations publiques, voire service financier!). Et voilà, c'est la fin de ce courriel. Quelle aventure! Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année! A bientôt, Julien Daillère (*) : Si les deux machines, au lieu de ronronner, préfèrent tressauter maladroitement, crisser et crachoter... C'est simplement qu'elles sont pudiques, ne leur en voulez pas. |